APA - Nouakchott (Mauritanie) Le président
mauritanien, le colonel Ely Ould Mohamed Vall a assuré à Nouakchott que
l’élection présidentielle aura bien lieu à la date prévue le 11 mars 2007.
Le calendrier des différentes étapes du processus électoral en cours depuis le 3
août 2005 sera respecté conformément aux engagements du Conseil militaire pour
la justice et la démocratie (CMJD, au pouvoir).
Le Chef de l’Etat Ould Vall, qui présidait vendredi à nouakchott l’ouverture du
6ème Congrès des maires de Mauritanie, a souligné que le repect du calendrier
obéirait à l’application du consensus national.
Il a en outre réitéré la neutralité du CMJD dans cette élection, invitant les
électeurs à assumer leur responsabilité historique et à choisir librement celui
qui aura en charge les destinées du pays.
La classe politique accuse les militaires au pouvoir de favoriser un candidat
donné, en l’occurrence Sidi Ould Cheikh Abdellahi, jugé "docile" pour assurer
leurs arrières après leur retrait dans les casernes.
Le colonel Ould Mohamed Vall a cependant rappelé à l’électorat son droit de
voter la neutralité si aucun des candidats proclamés ne correspond à son choix.
Selon lui, un candidat qui ne parvient pas à obtenir 50% des suffrages exprimés,
y compris les votes neutres, ne sera pas président de la Mauritanie.
Il a violemment critiqué des déclarations électoralistes faites ici et là par
des candidats à la présidentielle au sujet des « constantes nationales et
intérêts suprêmes de l’Etat », citant en exemple les relations diplomatiques
entre la Mauritanie et ses partenaires, dans une allusion claire à Israël.
Plusieurs candidats à l’élection présidentielle de mars se sont engagés
publiquement, en cas de victoire, à rompre les relations diplomatiques avec
Tel-Aviv, établies par l’ex président Maaouya Ould Taya en octobre 1999.
Le colonel a aussi adressé une sévère mise en garde aux candidats qui ont offert
d’accorder des avantages au Conseil militaire pour la justice et la démocratie
après la fin de la transition, expliquant que l’Armée et le CMJD doivent être
épargnés par les polémiques des politiciens.
Les forces armées et de sécurité doivent rester en dehors du jeu politique, a-t-il
martelé, soulignant qu’elles n’ont de compte à rendre à personne et qu’elles
n’attendent rien de quiconque.
A l’opposition qui demandait la suspension des nominations et relèvements de
hauts fonctionnaires de l’Etat ainsi que de l’attribution de gros marchés
publics pendant la période d’avant élection, le pésident Ould Mohamed Vall a
opposé un refus catégorique.
Cela équivaudrait à un blocage du fonctionnement de l’Etat, a-t-il justifié,
martelant que nul ne saurait lui imposer des conditions à ce sujet.