Le Mauritanien - Journal ?ectronique mauritanienBonjour
Ould Abdelaziz, un candidat aux
abois
Mohamed Abdelaziz
Le candidat Mohamed Ould AbdelAziz est
hanté par le syndrome de la défaite suite aux défections massives qu'a connues
son camp et à la prise de conscience d'une grande partie de ses anciens soutiens
qu'il n'a pas ni l'envergure ni l'habileté politique requise pour diriger notre
pays. Depuis, il ne cesse de proférer des menaces ouvertes dans des dérapages
verbaux qui ont le mérite d'éclairer l'opinion publique nationale et les
partenaires de notre pays sur sa véritable personnalité et le risque qu'il
représente pour notre pays et la sous-région.
Sa campagne s'inscrit désormais dans le registre de l'intimidation. Il vient de
déclarer qu'il a commis un putsch en 2005, qu'il a récidivé en 2008 et qu'il
n'hésitera pas à le faire à nouveau si les résultats de la prochaine élection
lui étaient défavorables. Cette nervosité lève le voile sur son état d'esprit
quand il proclame que les candidats des forces démocratiques prendraient la
fuite avant le scrutin présidentiel en raison de leur manque de confiance dans
l'issue du vote et les risques de poursuites pénales. Il reflète la psychose et
l'insécurité qui le rongent et qu'il n'arrive plus à dissimuler suite à ses
nombreux revers et à ses craintes d'être lui même poursuivi pour les nombreuses
entorses à la loi qui ont émaillé son règne contesté.
Il a accusé de manière grossière les candidats des forces démocratiques du FNDD
et du RFD d'être coupables de détournement de biens publics et a promis de
rendre publique les preuves dès son retour à Nouakchott. Cette promesse, comme
bien d'autres, ne sera jamais tenue. D'autres promesses toujours plus populistes
sont faites de manière maladroite mais tellement révélatrice. A l'heure où le
trésor public tarde à verser les salaires de certaines catégories de
fonctionnaires, ses caisses ayant été vidées en 10 mois de gestion douteuse,
Ould AbdelAziz ne trouve pas embarrassant de promettre des dizaines de millions
d'ouguiyas aux hôpitaux des capitales régionales sans s'attarder sur l'origine
de ces montants. Les salaires de l'officier Ould AbdelAziz ne peuvent pas
financer de telles largesses. N'avait-il pas dit à Noudhibou au mois d'avril
dernier que jamais il n'accepterait d'être financé par les commerçants et hommes
d'affaires ? Les mauritaniens ne sont pas dupes et savent qui pratique
réellement la gabegie au point de mettre leur pays à genoux. De tous les
candidats, qui utilise les moyens de l'état à des fins personnelles, qui fait
ses déplacements aux frais de l'armée et qui continue de réquisitionner des
officiers sensés protéger le chef de l'état ?
La campagne électCrale d'Ould AbdelAziz choque par le contraste saisissant entre
son opulence et son atmosphère festive d'une part et la misère quotidienne des
mauritaniens d'autre part. Grosses cylindrées, tentes de luxe et animations
musicales sont les seuls messages politiques d'un candidat en perte de vitesse
et qui n'ignore pas que les mauritaniens qui souffrent d'une crise économique
qu'il a lui même accentuée voteront massivement pour le sanctionner.
Acceptera-t-il le verdict des urnes ? Peu importe. Il n'aura pas le choix: les
démocrates mauritaniens ont prouvé qu'ils ont la ténacité et la résilience pour
le faire plier. Mais à quel prix pour la Mauritanie ?