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Ould Daddah, un candidat présidentiel légitime


Ahmed Ould Daddah

 

APA-Nouakchott (Mauritanie) 07/07/2009  -  Lorsque les militaires renversèrent son demi-frère, le 10 juillet 1978, Moctar Ould Daddah, premier président de la République islamique de Mauritanie, Ahmed Ould Daddah était ministre des Finances et du Commerce. L’homme était bien prédestiné à un tel poste car disposant d’une solide formation d’économiste pour avoir décroché en 1967 une licence en sciences économiques, option économie internationale, de l’Université de Paris, suivie, trois ans plus tard, d’un diplôme d’études supérieures (DES) ès Sciences économiques, de l’Université de Dakar.

Natif de Boutilimitt (150 kilomètres au sud de Nouakchott), le 07 août 1942, Ahmed, aujourd’hui candidat à la présidentielle du 18 juillet courant, reçut d’abord dans cette même ville la formation traditionnelle obligatoire dans le milieu maraboutique pieux dont il est issu avant de se lancer dans les études modernes, celles apportées par les « nssara » (toubabs). C’est ainsi qu’à l’âge de 22 ans, il passe avec succès son baccalauréat en mathématiques. La carrière professionnelle de ce technocrate reconverti en politique commence en 1967 en tant que conseiller économique et financier adjoint du chef de l’Etat. L’année suivante, il est promu conseiller économique et financier du chef de l’Etat, poste qu’il ne conservera pas pas longtemps puisqu’on le nommera dans le courant de l’année 1968 à la tête du Secrétariat exécutif de l’Organisation des Etats riverains du Fleuve Sénégal.

Quatre ans après, on retrouvera Ahmed Ould Daddah à la direction générale de la Société nationale d’import-export (SONIMEX), opérateur public détenant le monopole, à l’époque, du commerce extérieur. Mais le poste où il a eu la plus grande longévité fut celui de gouverneur de la Banque centrale de Mauritanie qu’il a occupé entre 1973 et 1978. C’est là aussi où il a marqué le plus l’économique naissante du pays en jouant le rôle principal dans la création de la monnaie nationale, l’Ouguiya.

Après le putsch du 10 juillet 1978, Ahmed est recruté par la Banque mondiale en tant qu’expert économique. En 1986, l’institution de Bretton Woods le détache comme conseiller économique et financier auprès du gouvernement centrafricain, poste qu’il ne quittera qu’en 1991 pour se lancer dans la politique. Il occupera par la suite plusieurs postes publics et au sein de plusieurs institutions financières internationales. Candidat aux élections présidentielles de 1992, Ahmed Ould Daddah obtient officiellement 33% des voix. Mais bon nombre d’observateurs estiment que l’homme avait remporté, dans la réalité, cette première élection d’un chef d’Etat en Mauritanie. C’est, selon eux, la machine de fraude du parti-Etat de l’ex-président Maaouya Ould Taya, alimentée par l’administration à tous ses niveaux, qui avait tout simplement inversé l’issue du scrutin.

On retiendra au crédit de Ould Daddah d’avoir empêché les siens de marcher sur le palais présidentiel après la proclamation des résultats de cette élection, préférant ronger ses freins que d’exposer le pays à une émeute. En 1992, Ahmed Ould Daddah devient le secrétaire général de l’Union des forces démocratiques/ ère nouvelle (UFD/EN) qui sera arbitrairement dissous en octobre 2000 par Ould Taya.

On le retrouvera plus tard comme président du Rassemblement des forces démocratiques (RFD) sous les couleurs duquel il se présente à l’élection présidentielle de novembre 2003, toujours contre Ould Taya mais avec un score bien plus maigre (7%). Les tracasseries sous toutes leurs formes du régime policier de Ould Taya, y compris l’emprisonnement, ont fini par fragiliser politiquement Ould Daddah, délaissé progressivement par ses partisans en quête de gains auprès du pouvoir. Mais l’homme rejaillit à la faveur du coup d’Etat du 3 août 2005 et participe au scrutin de mars 2007 à l’issue duquel il tient brillamment tête au candidat des militaires au pouvoir en arrachant 48% des voix. Il se contente alors du statut de président de l’institution de l’Opposition démocratique, créée pendant la transition de 2005-2007.

Très critique envers l’action de Sidi Ould Cheikh Abdellahi à la tête de l’Etat, Ahmed salue d’abord le coup d’Etat qui l’a renversé et le qualifie même de « mouvement de rectification » avant de faire demi retour et rallier les anti-putsch. Il a activement participé aux pourparlers ayant permis de conclure l’accord de Dakar entre les parties à la crise née du putsch.

 

 

 


 

  

 


 

   

 

 

    

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