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Le second tour de la présidentielle s'annonce  serré





Le second tour de l'élection présidentielle en Mauritanie le 25 mars, ultime étape du processus de restitution du pouvoir aux civils après un coup d'Etat militaire en août 2005, s'annonce très serré en raison d'un report de voix incertain.

L'organisation d'un second tour constitue une première dans cette ex-colonie française de 3,1 millions d'habitants où l'alternance politique s'est toujours faite par la violence.

Depuis l'indépendance en 1960, les présidents sont arrivés au pouvoir par des coups d'Etat et se sont ensuite fait réélire dès le premier tour lors de scrutins entachés de fraudes.

Les deux candidats arrivés en tête du premier tour dimanche, Sidi Ould Cheikh Abdellahi (ex-majorité présidentielle, 24,79%) et Ahmed Ould Daddah (ex-opposition, 20,68%), quasiment au coude à coude avec 30.000 voix seulement de différence, ont déjà entrepris des négociations en vue du face à face final.

Mais "le report des voix sera incertain. Tout dépendra de la capacité de chacun à lancer la dynamique du changement, surtout pour Ahmed Ould Daddah", a indiqué mardi à l'AFP Mohamed Fall Ould Oumer, directeur de La Tribune, hebdomadaire le plus lu dans le pays.

"Je pense que tous auront plus recours aux forces traditionnelles (chefs de tribus, notables religieux...) qu'aux forces politiques qui mobilisent difficilement l'électorat", a-t-il ajouté.


Aussitôt les résultats proclamés, les deux candidats ont lancé des appels en direction de leurs adversaires malheureux à venir les rejoindre dans l'optique du "changement" dont ils se réclament tous les deux.

M. Ould Abdellahi a affirmé avoir entamé des contacts notamment avec le candidat indépendant arrivé en troisième position, Zeine Ould Zeidane (15,27%), ajoutant que les discussions avec lui "doivent se poursuivre dans les heures et jours qui viennent".

De son côté M. Ould Zeidane a indiqué qu'il n'avait pas encore entamé de discussions et a fait monter les enchères en affirmant qu'il soutiendrait le candidat qui appliquera son programme.

"On se mettra avec le candidat qui acceptera notre programme et acceptera que des gens crédibles mettent en oeuvre ce programme", a-t-il indiqué lors d'une conférence de presse mardi.

Par ailleurs, M. Ould Abdellahi a fait un appel du pied à l'électorat Haratine (ex-esclaves) de Messaoud Ould Boulkheir, arrivé en quatrième position avec 9,80% des voix, et aux électeurs négro-mauritaniens qui ont soutenu Ibrahima Moctar Sarr (7,94%), en promettant de régler les questions de l'esclavage.

M. Sarr, qui a assuré n'avoir "aucune préférence pour aucun des candidats", a appelé mardi à la formation d'un "gouvernement d'union nationale" après le second tour du 25 mars.

"Le futur président doit tenir compte de la volonté réelle de changement. Vainqueurs et vaincus doivent se retrouver dans un gouvernement d'union nationale que j'appelle de tous mes voeux", a-t-il indiqué lors d'une conférence de presse à Nouakchott.

M. Ould Daddah a lui aussi lancé un appel au rassemblement car le "second tour est une étape importante sur la voie de la victoire pour ceux qui espèrent une alternance ouverte et responsable".

Il a demandé à "toutes les forces politiques, à toutes les personnalités indépendantes et à tous les citoyens sans exclusive pour qu'ils saisissent cette opportunité historique de préparer et réussir l'avènement d'un changement démocratique dans le pays".

MM. Ould Daddah et Ould Abdellahi, appartiennent à la même génération (respectivement 65 et 69 ans), ont la même formation d'économiste, ont été ministre sous Moctar Ould Daddah (1960-1978) et ont servi plusieurs années à l'étranger au service d'institutions financières internationales.

 

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