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APA-Nouakchott (Mauritanie) Les jeunes Mauritaniens, qui représentent plus de 70 pour cent de la populations, aspirent à peser de tout leur poids dans l’élection du prochain président de la République, le 11 mars prochain, point final d’un processus de transition enclenché le 3 août dernier par le coup d’Etat mené par le colonel Ely Ould Mohamed Vall, président du Conseil militaire pour la justice et la démocratie (CMJD), chef de l’Etat. Les organisations de jeunesse des candidats sont depuis le début de la campagne électorale, le 24 février, sur le pied de guerre, multipliant conférences, rencontres de proximité, animations musicales et folkloriques nocturnes sous les tentes, affichages et défilés motorisés.Mohamed Adda (30 ans), commerçant dans le plus grand marché de Nouakchott, dénommé ‘’Marché capitale’’, dresse le profil du prochain chef de l’Etat mauritanien qui sortira des urnes le 11 mars prochain ou après le second tour d’une élection à 19 candidats, la plus ouverte qui a jamais existé dans le pays. « Pour moi, le président qui sera élu devra faire du chômage des jeunes une sur-priorité. Ici en Mauritanie, il faut avoir les bras longs pour espérer trouver un emploi digne de ce nom. Il ne faut même pas perdre son temps à lire une offre d’emploi car elles sont publiées après recrutement, pour la forme seulement, jamais avant ».Un autre jeune commerçant, Mohamed Adda, qui assistait à l’entretien, renchérit. « Nous voulons un président qui mesure l’importance de sa responsabilité et agit en conséquence". Selon lui, il doit savoir qu’il a pour mission de renforcer le caractère islamique, arabique et africain de la Mauritanie où il n’existera pas de racisme et où il y aura justice pour tout le monde. "Notre prochain chef de l’Etat doit également faire de la paix avec les pays voisins une constante », insiste Mohamed qui ne cesse de répéter le nom de son candidat. Appelé par ses camarades pour venir parler au journaliste de APA, en bon français, Mahmoud affirme d’emblée qu’il a omis délibérément de s’inscrire sur les listes électorales « parce que les programmes des candidats, trop théoriques », ne l’intéressent pas. Il tente d’embarquer les autres jeunes agglutinés autour de lui dans sa position, mais est vite mis en minorité par des voix exprimant leur adhésion au programme de tel ou tel candidat.Dans le quartier huppé de Tevragh Zeina, Ahmed Saloum, 27 ans, chef d’une entreprise de menuiserie métallique, déplore l’insuffisance des aides apportées aux PMI et la complexité des procédures pour accéder aux financements. Il exhibe fièrement ses portes, fenêtres et autres produits en fer forgé, ajoutant qu’il aimerait bien agrandir son atelier dont tous les ouvriers sont sénégalais et diversifier ses activités, mais que par manque de moyens et de personne influente pour l’aider, il doit se résigner. A une dizaine de kilomètres de là, dans le quartier pauvre de 5ème arrondissement, Aminata Ly, une veuve de 40 ans, ne rêve que d’un président qui met en avant « le respect des droits de l’homme ». Selon elle, tout passe par là. « Seul un bon président qui vit dans sa chair les difficultés du petit peuple peut faire avancer ce pays dont le principal handicap est d’avoir généré trop de patrons. « Voyez-vous-même, c’est un pays où il y a trop de patrons. Résultat, les décisions sont toujours bloquées quelque part ». Le prochain président doit commencer par diminuer le prix des denrées consommées tous les jours par les Mauritaniens, conseille Aminata, assise sous un petit parasol, devant un tas d’oranges marocaines qu’elle revend aux passants. OD/mn/APA 05-03-2007
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